La mission de l’Église

« Beaucoup demandent : qui nous fera voir le bonheur ? »
À ce cri de prière, la foi du psalmiste répond avec force et espérance :
« Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage ! » (Ps 4, 7)

Aujourd’hui encore, c’est le cri de l’Église ! Cri de foi, mêlant la joie de croire au souci du bonheur de l’être humain. Oui, Dieu aime notre monde ! Oui, Dieu seul offre le vrai
chemin du bonheur, défiant même la mort : chemin illuminé par le Christ Jésus lui-même, « Dieu-avec-nous » ; chemin lumineux d’épanouissement dans l’Esprit Saint du Ressuscité.

Le premier fruit de Pâques est la fraternité, telle l’invitation du Ressuscité vers Marie-Madeleine : « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20, 17b). 
Il est notre compagnon de route et de table : « Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux (…) Il entra donc pour rester avec eux » (Lc 24, 15b. 29b).

Cette fraternité dans le Christ fonde ainsi une manière d’être ensemble (un « syn-odos » = marcher ensemble) qui ouvre à la relation et à l’échange : parler ensemble, pour marcher et avancer ensemble ! Cette expérience de Pâques nous met en mouvement ; elle est comme un fruit et un appel de l’Esprit Saint.

« Nous qui sommes plusieurs, nous sommes un seul corps dans le Christ, et membres les uns des autres, chacun pour sa part »(Rm 12, 5)

Nous voulons poursuivre l’aventure de l’Église du Christ et apporter encore aujourd’hui une contribution décisive à l’humanisation de notre monde.

Et nous croyons que les belles et diverses réalités qui font le quotidien de notre Église diocésaine en ce Finistère continueront à faire surgir bien des choses bonnes et belles pour tous.

Mais, dès les origines de l’Église, l’Apôtre Paul nous rappelle qu’il ne s’agit pas tant de faire nombre que de faire signe ! Toujours, il associe la vitalité et la croissance de l’Église à sa fécondité. Aussi la qualité évangélique de la communauté ecclésiale passe toujours et d’abord par la prière et la méditation de la Parole de Dieu, fondant ainsi sa consistance spirituelle et fraternelle. 

C’est en ce sens, dans l’homélie de la messe au lendemain de son élection, que le pape Léon XIV a souhaité que l’Église « soit toujours plus la ville placée sur la montagne (cf. Ap 21, 10), l‘arche du salut qui navigue sur les flots de l‘histoire, phare qui éclaire les nuits du monde ». Et cela, a-t-il poursuivi, « non pas tant grâce à la magnificence de ses structures ou à la grandeur de ses constructions –comme les édifices dans lesquels nous nous trouvons– mais à travers la sainteté de ses membres, de ce “peuple que Dieu s‘est acquis pour proclamer les œuvres admirables de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière
(1 P 2, 9)
” » (Léon XIV, messe Pro Ecclesia, 9 mai 2025).

En cette étape de la vie de notre diocèse, nous faisons nôtre à nouveau l’affirmation des Pères du Concile Vatican II : « (…) Nous nous donnerons tout entiers à cette œuvre de rénovation spirituelle pour que l’Église, aussi bien dans ses chefs que dans ses membres, présente au monde le visage attirant du Christ qui brille dans nos cœurs “pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu” » (Message du Concile Vatican II à tous les hommes, 20 octobre 1962).

Ainsi l’Église confesse la foi au Dieu Vivant ; elle célèbre le Mystère de Dieu ; elle annonce le salut dans le Christ.
En tout, elle se reçoit de Dieu ! « Pèlerins d’Espérance », nous voudrions toujours resplendir du Christ !

Ainsi selon la belle image proposée par saint Ambroise, l’Église est comparée à la lune parce qu’elle ne brille pas de sa propre lumière, mais de celle du Christ 
(Mysterium Lunae 4).


3 Gilbert Keith CHESTERTON, 1874-1936, écrivain anglais, apologète du christianisme.

4 « Le symbolisme le plus florissant, le plus scintillant de métaphores et d’analogies, introduit l’Église partout où émerge une pensée de Dieu sur l’humanité à sauver : l’Église est navire, l’Église est arche, l’Église est atelier, l’Église est temple, l’Église est cité de Dieu ; et saint Ambroise arrive même à comparer l’Église à la lune, dans les phases de croissance et de décroissance de laquelle se reflètent les vicissitudes de l’Église qui plonge et se redresse sans jamais sombrer, parce que “fulget Ecclesia non suo sed Christi lumine”, elle ne resplendit pas de sa propre lumière, mais de celle du Christ .» (Cardinal  MONTINI, Milan, 7.12.1958)